«

»

Sep 23

Imprimer ceci Article

Vous avez aimé le TCE, vous avez applaudi le MES, vous allez adorer le TSCG

Vous aviez applaudi au MES, Vous aviez aimé le TCE
Hé bien, vous allez adorer le TSCG !

L'humain d'abordEn mai 2005, nous avions eu à voter par référendum pour la ratification du TCE (Traité Constitutionnel Européen). Traité qui mettait en avant la concurrence « libre et non faussée » ainsi que la libre circulation des capitaux mais rendait impossible de fait l’harmonisation des politiques fiscales, sociales et environnementales communes !
Toutes nos « élites » politiques et journalistiques s’esbaudissaient devant les qualités évidentes de ce traité et ordonnaient au citoyens incompétents que nous sommes de voter pour ce traité ? seule une petite minorité d’élus (PCF, la gauche du PS avec Mélenchon, Emmanuelli et Fabius) et d’associations (ATTAC) lisaient avec attention le contenu, l’analysaient et diffusaient une argumentation solide.

On connaît la suite de l’histoire ; malgré le soutien de 90 % des journaleux à travers leurs articles et leurs émissions, malgré le soutien de élus de droite et de « gauche » confondus dans une admiration sans bornes devant ce traité, les citoyens français renvoyèrent ces « élites » dans leur foyer en refusant ce traité à près de 55 % des voix.

Donc, fort marri par le déboire de son prédécesseur, le président Sarkozy convoqua le congrès (députés et sénateurs) à Versailles le 4 février 2008 pour faire valider ce traité (ou du moins son double) et tous nos élus qui sont bien plus intelligents que nous, cédèrent avec délices aux exigences du libéralisme économique proposées par l’Europe.

Nos entreprises n’ont pas pu embaucher directement de plombiers polonais au salaire polonais … elles peuvent seulement sous-traiter en France certaines activités à des entreprises polonaises qui emploient des polonais au salaire polonais !

Mais ce n’était pas suffisant !

La crise des « subprimes » de fin 2008 est passée par là et rien ne va plus.

  • Figurez vous que des américains sans le sou ont eu l’outrecuidance d’obliger les banques à leur prêter de l’argent alors même qu’ils n’avaient pas l’intention de les rembourser !
  • Figurez vous que ces mêmes banques ont, en toute innocence, refilé ces prêts – codés triple A par les agences de notation – à d’autres banques, dont les banques européennes, attirées par les promesses de rendements financiers faramineux
  • Figurez vous que les banques qui ont rachetés ces prêts – avec l’aval de leurs dirigeants, cadres, traders, aux salaires de misère – se sont aperçu, mais un peu tard, qu’elles n’avaient acheté que du vent ! et se sont donc trouvées quasiment ruinées

Pour sauver leurs économies et leurs banques sans augmenter les impôts des plus nantis, les états européens s’endettent. 
La Grèce en est le cas le plus caricatural. Quand le gouvernement conservateur avait été conseillé par la banque Goldman Sachs pour planquer ses déficits, personne n’y trouvait à redire mais quand arrive le gouvernement social démocrate de Papandréou et aussitôt les turpitudes grecques sont rendues publiques. 
Mario Draghi , vice président de la branche européenne de Goldman Sachs avant de devenir président de la BCE en 2011 était bien placé pour connaître ces malversations mais, croix de bois croix de fer, il n’était au courant de rien !
Bien entendu, la Banque Centrale Européenne de Trichet puis Draghi ne voit pas le moindre lézard à ce que, prêtant à 1 % aux banques commerciales, celles ci reprêtent ensuite les mêmes sommes à 6% , 7 % aux états … voire à 16 % à la Grèce !

Les traités européens précédents avaient bien prévus que les banques centrales ne peuvent créer de la monnaie, seul le « marché » peut financer les états !

Or, ne voilà t il pas que les dettes des états européens commencent à s’aggraver et qu’on en arrive au point ou le « marché » commence à s’inquiéter

Situation insoutenable !

L’Europe nous propose alors le M.E.S. (Mécanisme Européen de Stabilité).

Un fonds de 500 milliards d’euros abondé par les états, – …qui les empruntent sur les marchés – destiné à prêter de l’argent aux états en difficultés financières…sous réserve que ces états s’engagent à signer ensuite le TSCG , qu’il y ait une coopération étroite avec le FMI, et qu’un programme d’ajustement macroéconomique compatible avec les mesures des politiques économiques européennes soit signé. 
En clair, on vous prête mais à condition que vous mettiez en place une politique économique libérale en en faisant supporter le poids sur les catégories populaires et surtout, surtout, que vous n’attaquiez pas les capitalistes – car les « marchés » pourraient en prendre ombrage ! –

Le MES sera validé en France le 12 Février 2012 et la plus grande partie de nos députés « de Gauche » se sont courageusement abstenus !

Il manquait encore un étage pour parachever l’emprise du libéralisme économique en Europe ; ce sera le TSCG ! (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance, aussi appelé pacte budgétaire).

Le TSCG c’est tout simple : c’est inscrire dans la constitution qu’un état n’a pas le droit d’avoir un déficit public annuel supérieur à 0.5 % de son PIB ni un total de son endettement supérieur à 60 % du PIB sinon – pan pan cul cul – il devra payer de lourdes pénalités financières… aggravant ainsi un peu plus sa situation. Un état peut signaler auprès de la commission européenne si son voisin ne respecte pas ces critères – cafteur va! –

Et pour que les règles soient bien observées, les états devront soumettre au préalable leurs budgets à la commission européenne dont le caractère social est bien connu. Même que les hauts fonctionnaires de la commission européenne, qui n’ont pas eu à s’abaisser pour se faire élire tellement doués qu’ils sont, sont les seuls à déterminer la méthode de calcul. Le tout sans pénaliser les capitalistes car les « marchés » pourraient « s’inquiéter » !

Encore plus clairement, les états sont obligés d’appliquer une politique d’austérité pour leur population, imposée par des eurocrates non élus, sinon ils devront payer des pénalités.
Et qui dit politique d’austérité dit baisse des salaires, plans sociaux, baisse des retraites, plafonnement ou diminution du nombre de fonctionnaires, d’infirmières, moins de rentrées d’impôts, donc augmentation de ces impôts …

C’est ce traité que nos députés et nos sénateurs se préparent à accepter cet automne.

En réalité, ce TSCG, ce n’est que la cerise sur le gâteau car un ensemble de règlements, appelés « six pack » – non, ce n’est pas de la petite bière en pack de 6 – a été adopté par le parlement européen le 14 Septembre 2011. cet ensemble de règlements préparaient déjà l’ensemble des diktats du PSCG et a été voté sans que les citoyens en soient informés.

Soyons sans crainte, nous français, car les « marchés » ne s’inquiètent pas du tout du gouvernement social démocrate de François Hollande et notre pays peut continuer à emprunter sur les « marchés » à des taux très faibles

Le changement, c’est maintenant !

Maintenant quand ?

 

 

 

Lien Permanent pour cet article : http://16.lepartidegauche.fr/?p=82