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Mar 25

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10,38 %

Nous avons atteint l’objectif que nous avions fixé pour le Front de Gauche d’un score à deux chiffres. Les candidats étiquetés PCF ou PG par le Ministère de l’Intérieur, qui se présentaient indistinctement sous le label Front de Gauche, totalisent 815 142 voix soit 10,38% des suffrages exprimés dans leurs cantons. Parmi eux, les 243 estampillés PG par le Ministère atteignent 7,91% des suffrages exprimés, un score remarquable sachant que le Parti de Gauche affrontait ici la première élection cantonale de sa jeune histoire.

C’est une poussée considérable par rapport aux élections de 2009 et 2010 où le Front de Gauche atteignait 6% des suffrages au plan national. Le Front de Gauche est désormais la 4e force politique du pays et la 2e force à gauche. Notre ténacité et notre clarté nous valent la confiance d’un nombre grandissant de nos concitoyens.

En Charente Une abstention record

La Charente n’a pas été épargnée par l’abstention, avec un taux de participation de 45% elle se situe dans la moyenne nationale. Mais ce chiffre cache des disparités, en effet les cantons urbains et notamment ceux d’Angoulême ont connu des taux d’abstention record autour de 65%. C’est dans les quartiers populaires que l’on vote le moins. Les personnes qui habitent ces quartiers ne croient plus que la politique peut modifier leur vie, ils pensent que la droite et la gauche c’est la même chose, ils pensent que la politique est devenue un métier. Ils sont au chômage, dans la précarité, dans la débrouille pour faire manger leur famille, ils ne pensent pas que des professionnels de la politique qui vivent loin de leur quotidien puisse agir sur celui-ci. Et pourtant, ils disposent d’une arme politique collective : leur voix.

Notre chantier prioritaire dans les mois à venir c’est d’amener ces citoyens qui n’y croient plus à reprendre espoir, et d’expliquer inlassablement que cet espoir peut prendre le chemin des urnes.

Une poussée du Front de Gauche

Là est la grande satisfaction de ce scrutin. Malgré l’abstention record le FDG à gagner des voix, non seulement en comparaison avec les élections cantonales de 2004 mais aussi par rapport aux élections européennes de 2009 et régionales de 2010. Cette dynamique nous a permis de dépasser les 5% dans les 14 cantons où le Front de Gauche était présent. C’est une satisfaction pour l’ensemble des militants du Parti de Gauche. Pour autant notre objectif d’arriver en tête de la gauche dans la perspective des élections législatives et présidentielles de 2012 est loin d’être atteint. Pour cela nous n’avons pas seulement besoin des voix des citoyens qui pensent que nous devons transformer notre système de développement et notre société dans le sens de l’intérêt général. Nous avons surtout besoin de leur implication militante pour développer le travail collectif du Front de Gauche. Venez nous aider à construire un espoir à gauche !

Un recul du parti socialiste

Malgré des pourcentages flatteurs, le recul du PS est conséquent quand on regarde le nombre de voix. En effet, en comparaison avec 2004, la majorité départementale perd des voix dans 11 cantons, notamment dans les cantons urbains (-1468 voix à Angoulême-Ouest, -851 à Cognac-Nord). On le voit une partie des électeurs du PS ont choisi le vote Front de Gauche. Ce parti, où les élus cumulent les mandats, où les alliances électorales varient en fonction des circonstances et où la ligne politique s’est diluée dans le consensus social-libéral ; et bien ce parti ne fait plus illusion pour une bonne partie de l’électorat traditionnel de la gauche.

Des verts qui se maintiennent

C’est un scrutin peu significatif pour EELV, car ils n’étaient présents que dans 7 cantons, urbains pour la plupart. S’ils bénéficient de l’effritement socialiste dans les cantons d’Angoulême au contraire ils perdent beaucoup de voix dans le canton de Cognac. Au final ils se maintiennent.

Une claque pour l’UMP

Ils ont eu beau cacher les logos de l’UMP, se déguiser en Modem, les électeurs les ont reconnu et donc sanctionné. C’est une baffe pour le parti de Nicolas Sarkozy. Les affaires, les réformes injustes, la baisse du pouvoir d’achat ne passe décidément pas dans l’électorat populaire de droite. Pire, cette majorité qui gouverne le pays est responsable de la montée du Front National. En stigmatisant des catégories de Français, en appliquant une politique migratoire contraire aux droits de l’homme, en restreignant nos libertés ; la droite a légitimé les idées du FN. A vouloir courir ventre à terre depuis 2007 derrière l’électorat du FN, l’UMP a réussi le tour de force de se faire aspirer son électorat par Lepen. Comme le disait Mélenchon l’électorat populaire de droite à changé de chefs. Les électeurs finissant par préférer l’original à la copie !

Le Front National un progrès en trompe l’œil

Pour autant, il faut relativiser les progrès du FN. Non seulement il perde des voix dans 8 cantons sur 14 par rapport à 2004 mais leur progression en pourcentage s’explique par le fait qu’une partie de l’électorat de l’UMP c’est porté sur leur candidat. Largement fabriqué depuis plusieurs semaines à coup de sondages contestables et de leur surexploitation médiatique, la vague annoncée s’apparente davantage à un ancrage qu’à une déferlante. Pour le moment le succès relatif du FN est bâti sur une stratégie de communication facilement décryptable : un chef, des slogans racoleurs et simplistes, des solutions vagues.

Elle a culminé dans l’épilogue navrant de la multiplication des candidats fantômes que le FN a présenté pour ces cantonales. Caractéristiques principales de ces candidats fantômes : inconnu dans le canton, pas de photos d’eux sur les affiches mais celle de Lepen, pas de réunions publiques, des professions de foi caricaturales. Un mépris affiché des électeurs, assumé depuis par Lepen.

C’est préoccupant mais n’alimentons pas sa stratégie. Il ne doit pas servir d’épouvantail pour occulter le débat politique nécessaire sur les salaires, le nucléaire, la précarité, l’école, sur l’ensemble des préoccupations des citoyens.

Le désistement républicain

Pour le deuxième tour, nous avons avec le Front de gauche opté pour la tradition républicaine du désistement pour le candidat de gauche arrivé en tête au premier tour, et cela sans condition. La priorité pour le PG est de battre la droite. Pour autant, les débats ont été intenses entre les adhérents du PG. Certains voulaient mettre des conditions à ce désistement, d’autres non. Mais nous étions tous animés par la ferme conviction de ne pas accorder un chèque en blanc au PS et à la majorité départementale. Par conséquent, il faut interpréter ce désistement comme l’application d’un principe et non comme une adhésion au bilan et au projet du PS. Si nous avons encore des valeurs communes avec le PS, beaucoup nous sépare. Nous voulons transformer le système et la société dans laquelle nous vivons et non les adapter à la mondialisation libérale. Ces transformations ne peuvent se penser qu’en lien avec les ruptures suivantes : la planification écologique, un nouveau partage des richesses, le développement des services publics et de la démocratie politique et sociale.

 

L’ensemble des données comparatives entre 2004 et 2011 sont le résultat d’un travail d’Alain Bohère (adhérent PC et militant du Front de Gauche). Elles sont consultables au lien suivant.

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